• Quotient MIPE

     Quotient MIPE

    © staticmnium
        

    La 1° fois que j'ai entendu ce nom, c'était dans le livre d'Orson Scott Card "Comment écrire de la Fantasy et de la Science Fiction".
    Et oui, loin de moi l'idée de vous donner une leçon!
    Après tout, je ne suis moi-même que l'élève ^^

    Par contre, je peux vous faire partager ce que j'ai appris par le biais de mes lectures et de mes cours, que je pense utile et nécessaire pour avancer dans l'écriture.

     


    Donc, nous voici devant ce que Mr Card appelle le quotient MIPE.
    C'est à dire les éléments susceptibles de déterminer les histoires:

    - le Milieu
    - l'Idée
    - le Personnage
    - l'Evenement

    Tous sont présents dans l'histoire, mais suivant l'orientation que vous voulez donner à votre histoire, l'un d'eux dominera.


    Pour détailler:


    - Le Milieu, c'est le monde (la planète, la société, le climat, la famille, tous les éléments qui ont surgi lors de la phase de création).
    Dans certaines histoires, on ne se soucis que du Milieu. C'est le cas pour Les Voyages de Gulliver par exemple ou Shogun et le Magicien d'Oz.
    Les histoires où le Milieu prédomine suivent toujours la même structure: une personne va dans un endroit étrange, y voit toutes sortes de choses intéressantes, est transformés par ce qu'elle voit et rentre chez elle en personne nouvelle.
    Si vous souhaitez créer un personnage qui explore et découvre le monde que vous avez inventé, votre point de départ sera alors évident - l'étranger arrive - et la fin tout autant - l'histoire s'arrête quand il s'en va (ou, dans un variante, il décide de ne pas partir, mettant ainsi fin à question du retour chez lui).



    - L'idée (ou les idées) est la nouvelle information que découvre progressivement le personnage.
    Ici la structure est très simple: le récit commence en soulevant une question; il prend fin lorsque la réponse a été trouvée.
    Par exemple, le récit commence par un meurtre. Les questions que l'on se pose: Qui a fait ça, et pourquoi?
    Dans le domaine de l'imaginaire, une structure similaire est très répandue. L'histoire commence par une question: Pourquoi cette belle civilisation antique a-t-elle disparue?
    C'est le cas dans "L'Etoile"
    d'Arthur C. Clarke, ou dans "2OO1, l'Odyssée de l'espace".
    Cette structure est également dans "Des gens comme les autres" où nous apprenons que le personnage principal tente de se suicider parce qu'il croit que sa mère lui repproche de ne pas être mort à la place de son frère.
    Quand l'énigme est résolue, que ce soit par un détective, un scientifique ou un psychiatre, la tension principale retombe et l'histoire prend fin.
    Ainsi, les histoires où l'Idée domine commencent aussi près que possible du point où la question est énoncée pour la 1° fois, et elles se terminent aussi vite que possible une fois que la réponse est fournie.


    - Le Personnage. Toutes les histoires ont des personnages et, en un sens, les histoires "parlent" presque toujours d'un ou plusieurs personnages.
    La plupart des récits, cependant, ne s'occupent pas du caractère des personnages, c'est à dire de qui ils sont.
    L'histoire où le Personnage
    prédomine raconte la transformation du rôle du personnage dans la communauté qui lui importe le plus.
    C'est le cas dans "Frankie Adams" de Carson McCullers. Frankie désire changer le rôle qu'elle occupe dans sa famille. Ses efforts restent, en partie, vains. Mais à mesure son rôle dans la famille et le monde dans son ensemble change et, à la fin, elle n'est plus qui elle était.
    On se trompe souvent en disant que tous les bons récits doivent avoir des personnages très fouillés. Ce n'est pas tout à fait vrai.
    Toutes les bonnes histoire de Personnages le doivent, parce que c'est de ça qu'elles parlent.
    Un exemple flagrant: Indiana Jones.
    Les films traitent de ce qu'il fait pas de ce qu'il est.
    A la fin, son rôle dans la société est exactement le même qu'au début: professeur d'archéologie à mi-temps et chevalier errant à plein temps.

    Pour les autres structures, les personnages peuvent être approfondis mais pas forcément très fouillés.
    Toujours Indiana Jones, dans les deux 1° opus, finalement, à part son charme et son courage, on ne sait pas grand chose de cet homme, de son passé, ni-même de son caractère.
    Cela posé, il faut quand même dire que, pour être pris au sérieux en tant qu'écrivain, vous devez être capable de détailler des personnages crédibles et intéressants.
    La structure d'une histoire à Personnage est somme toute assez simple: le récit commence au moment où le personnage principal devient si malheureux, impatient ou agacé par son rôle actuel qu'il commence son processus de transformation.
    Et elle prend fin lorsque le personnage soit s'installe dans un nouveau rôle (heureux ou pas), soit abandonne la lutte et conserve son ancien rôle (heureux ou non).
    A de rares exceptions près, vous devriez commencer votre histoire le plus près possible du moment où le personnage décide de changer.
    En fiction, il n'y a rien de plus pénible que de lire une histoire de peronnages qui débutent plusieurs années (donc plusieurs pages) avant que celui-ci ne se mette à vraiment tenter de changer de vie.
    Dans une histoire de Personnage, le personnage principal ne sera pas le seul à changer.
    Dans ce type de récit, une grande partie de l'intrigue vient de la résistance au changement des autres personnages.
    Si la transformation du personnage est la chose qui vous interpelle le plus dans l'histoire que vous désirez raconter, identifiez alors celui dont les changements déclenchent toutes les autres transformations. Ce sera lui votre personnages principal.


    - L'évènement. Dans ce genre d'histoire, quelque chose va mal dans le tissu universel, le monde est en panne.
    Cela peut inclure l'apparition d'un monstre ("Beowulf"), le meurtre anormal d'une personne ("Hamlet", "Macbeth"), un serment non respecté ("Havelok the Dane"), la conquête d'un terre chrétienne par les infidèles ("King Horn"), la naissance d'un enfant prodige dont certains pensent qu'il n'aurait pas dû naître ("Dune") ou la réapparition d'un ennemi puissant et ancien que l'on croyait mort.
    Dans tous les cas, l'ordre précédent (un âge d'or)  a été bouleversé et le monde est en pleine fluctuation, c'est un endroit dangereux.
    Ce type de récit prend fin lorsqu'un ordre nouveau est établi, ou bien, ce qui est plus rare, lorsque le monde sombre dans le chaos en même temps que les forces de l'ordre se font rayer de la carte.
    L'histoire commence, non au point où le monde plonge dans la confusion, mais plutôt au point où le personnages dont les actions sont le plus cruciales pour l'établissement d'un ordre nouveau se retrouve impliqué dans la lutte. Hamlet ne commence pas par le meurtre du père de Hamlet mais bien plus tard lorsque le fantôme apparaît à Hamlet.
    Dans Macbeth, le récit commence bien plus tôt que le meurtre du roi.
    C'est parce l'histoire concerne la restauration d'un ordre convenable qu'il n'est pas surprenant que le roman s'intéresse à des rois, des nobles, des héros et même des demi-dieux. Mais cela n'est pas nécessaire (cf. le Dernier Magicien où le héros est un clochard de Seatlle).
    Egalement, le désordre universel peut être très subtil comme dans Emma de Jane Austen où l'héroïne, sur un mauvais conseil, refuse d'épouser l'homme qui lui aurait apporté le bonheur. Même si elle ne s'en pas compte, son univers en est bouleversé.
    Trop d'auteurs d'histoire d'Evènement (surtout le épopée de fantasy) font une erreur flagrante: ils imaginent que leur pauvre lecteur sera incapable de comprendre ce qui se passe s'ils ne commencent pas par un prologue leur détaillant la "sitution mondiale".
    Hélas, ces prologues ne fonctionnant jamais. Dans la mesure où nous n'avons aucun rapport émotionnel avec les personnages et où on ne s'en soucis pas encore, les prologue ne veulent rien dire.
    En général, ils sont déroutant puisque on nous y balance une douzaine de noms et de lieux à la fois.
    Pour résumé: n'écrivez pas de prologue pour les histoire d'Evènement!
     

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 26 Janvier 2011 à 16:48

    Ce que tu entends par "milieu", et les histoires qui ne se basent que sur ça, c'est à dire un héros inexpérimenté qui part en voyage etc, du type candide, gulliver, ou encore l'alchimiste, ce serait pas plutôt des sortes d'apologues/ romans d'apprentissage ???

    2
    nrd
    Mardi 15 Mars 2011 à 07:50

    Oups, désolée de répondre aussi tard

    Alors "apologues", non, car un apologue est rédigé en vers ou en prose. Ce qui n'est pas forcément le cas d'un roman "classique" .

    Le "roman d'apprentissage" s'en approche, mais à mon sens, ce n'est pas exactement la même chose.

    "Un roman d'apprentissage a pour thème le cheminement évolutif d'un héros, souvent jeune, jusqu'à ce qu'il atteigne l'idéal de l'homme accompli et cultivé."

    Ce qui veut dire que le roman s'attache particulièrement au personnage et à sa psychologie. 

    Hors, dans le thème du "Milieu", il s'agit vraiment de quelque chose de géographique.

    Et même si le personnage évolue, le roman s'articule autour de paysages, constructions et mondes descriptifs

     

    Attention, il faut savoir aussi que ce terme de Quotient MIPE, a été "inventé" par Orson Scott Card.

    Ce qui n'en fait pas une vérité établie.

    Lui, décrit les romans ainsi, d'autres ne seront peut-être pas d'accord.

    Pour ma part, je trouve qu'il définit très bien les différents type de romans (^_^)

    3
    Mardi 15 Mars 2011 à 12:28

    Hm, je vois, c'est une "théorie" intéressante, mais quand même plutôt réductrice : le roman est un genre d'une très grande liberté, dont les seules contraintes sont la prose et la fiction, le réduire ainsi à quelques points, c'est un peu comme les 36 situations dramatiques : c'est déterminer des limites trop tôt dans l'histoire du roman, qui est somme toute assez ressente.

    4
    nrd
    Dimanche 16 Octobre 2011 à 19:23

    A chacun sa manière de voir les choses  

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