• Merlin l'Enchanteur

    L'enchanteur enchanté
     
     
    © enchantement
    Le caractère enjoué, Merlin aimait à se présenter à ses amis sous les apparences les plus diverses, bûcherons, vieux musicien aveugle, jeune garçon téméraire, et s'amusait de leur surprise. 

    Par des enchantements, il favorisa des mariages et des naissances, comme celle du célèbre chevalier Lancelot.

    À deux reprises il accepta d'enseigner quelques-uns de ses

    secrets, et bien mal lui en prit !
    Morgane, l'une des sœurs d'Arthur, devint une méchante fée jalouse de sa belle-sœur, la reine Guenièvre.
    Quant à l'autre élève de Merlin, Viviane, c'est à l'enchanteur lui-même qu'elle s'en prit.


    Merlin aimait voyager.
    De temps en temps il disparaissait sans explication.
    En général il se cachait au creux des forêts, fréquentées en ces temps-là par des ondines qui avaient élu domicile auprès des sources.

    Sur le continent, la forêt de Brocéliande passait pour l'une des plus belles du monde connu.
    Merlin, en s'y promenant, passa un jour près d'une gracieuse jeune fille qui se mirait dans l'eau d'un lac.
    Elle avait nom Viviane.
    L'enchanteur avais pris ce jours-là l'apparence d'un séduisant damoiseau et non celle d'un vieillard contrefait.
    Viviane engagea la conversation et, pour lui plaire, Merlin lui offrit quelques enchantements : en son honneur il fit apparaître un magnifique château où se déroulait une fête merveilleuse, puis il rendit au paysage son aspect premier.

    À dater de ce jour, l'enchanteur s'absenta souvent de la cour du roi Arthur : il allait en secret retrouver la jolie Viviane.
    Lors de ces rencontres, Merlin, de plus en plus séduit, accepta de lui enseigner deux ou trois de ses tours les plus poétiques.
    La jeune fille apprit ainsi à danser sur l'eau sans se mouiller et à faire jaillir une rivière à sa volonté.

    Mais Viviane voulait garder Merlin toujours à ses côtés.
    Elle réussit à lui faire avouer presque tous ses secrets et, un jour où il s'était endormi, la tête posée sur ses genoux, elle fit, à l'aide d'un voile, un cercle magique autour de son ami qui devint ainsi son prisonnier à jamais.

    Bien sûr, Merlin avait tout deviné, mais, par amour, il avait laissé faire.
    Il était définitivement retourné dans l'Autre Monde, celui des fées et des magiciens, sans trop de chagrin, car il aimait Viviane plus que sa liberté.
     

    Merlin l'enchanteur:

    Sans Merlin, aucune des aventures de la Table Ronde n'aurait été possible.

    Et Merlin lui-même n'aurait pas existé si le Diable n'avait décidé un jour de jouer un mauvais tour aux mortels.
    Pour cela, ayant pris forme humaine, il vint sur Terre et parvint à si faire aimer d'une fille naïve et belle.
    Puis il disparut sans laisser d'adresse...
    Quel ne fut pas l'effroi de la pauvrette quand elle découvrit qu'elle allait être mère! Elle ne pouvait révéler le nom du père de l'enfant, l'ignorant elle-même: elle fut donc condamnée à mort, comme l'exigeaient les lois de son temps.

    Pourtant, les juges décidèrent de sauver l'enfant qui, somme toute, était innocent.
    Aussi enfermèrent-ils la jeune fille dans une tour où elle attendit le moment de l'accouchement.

    Enfin le nouveau-né vint au monde.
    Ce garçon vigoureux fut prénommé Merlin.
    Mais il était velu à faire peur, si bien qu'aucune nourrice ne voulut l'allaiter.
    On le laissa quelque temps à la pauvre mère, puis vint le sinistre jour où les bourreaux voulurent exécuter la sentence.

    Ce fut alors que se produisit le premier prodige: Merlin, qui n'avait jusque-là émis que des vagissements bruyants mais tout à fait ordinaires vu son âge, prit la parole et, devant les bourreaux stupéfaits, défendit sa mère avec éloquence.

    Peu après, tous deux quittèrent la prison sains et saufs.

    Durant sept années, Merlin grandit auprès de sa mère, étonnant son entourage en révélant de nouveaux talents prodigieux tels que le don de lire dans la pensée d'autrui ou celui de prédire l'avenir.

    Son jeu préféré consistait à se métamorphoser en un clin d'œil sous les yeux ébahis de ses compagnons.

    Tout ceci se passait en Bretagne la Bleue, aujourd'hui appelée Grande-Bretagne, où régnait Vortigern, un ancien sénéchal qui avait usurpé le pouvoir à la mort du roi Constant.

    Pour cela, il avait dû se débarrasser des deux héritiers légitimes du trône, Moine et Uter Pendragon.
    Il avait bien réussi à tuer l'aîné, Moine, mais le cadet lui avait échappé pour se réfugier sur le continent.

    Vortigern l'usurpateur vécut alors dans la hantise du retour d'Uter Pendragon et décida de faire construire une tour imprenable pour s'y réfugier en cas d'alerte.

    Mais, curieux sortilège, le chantier ne progressait pas, car la tour s'écroulait dès qu'elle atteignait une certaine hauteur.
    Consultés, les devins du royaume ordonnèrent de mêler au mortier le sang d'un enfant né sans père et âgé de sept ans.

    Aussitôt, des valets d'armes partirent à la recherche d'un tel enfant.
    En traversant un village, ils entendirent deux garçon se quereller avec virulence, et l'un criait à l'autre: "Né sans père, tu n'es qu'un né sans père!"
    C'était bien sûr Merlin qui, ayant deviné les intention de Votigern, s'était arrangé pour se faire insulter de la sorte devant ses émissaires.

    Mais, pour ne pas être tué sur-le-champ, il demanda à être conduit au palais pour faire d'importantes révélation au roi.
    Il apprit en effet à Vortigern que deux dragons logeaient sous terre à l'emplacement de la future tour et que celle-ci s'écroulait à chacun de leur mouvements.

    Beaucoup, et les devins les premiers, ricanèrent en écoutant cet enfant qui prétendait en savoir si long sur le mystère de la tour.
    Mais le roi ordonna de creuser le sol, et, à la surprise générale, on y découvrit deux dragons endormis, l'un rouge et l'autre blanc, qui, aussitôt réveillés, se jetèrent férocement l'un sur l'autre en crachant des flammes.
    Pour finir le dragon brûla mortellement le rouge, avant de succomber à son tour à ses blessures.

    Alors, Merlin expliqua au roi le sens de ce combat symbolique, qui préfigurait un affrontement prochain entre Vortigern et Uter Pendragon.

    Effectivement, celui-ci débarqua quelques jours plus tard, obtint le ralliement de la population et incendia une forteresse où Vortigern s'était retranché: l'usurpateur, comme le dragon rouge, périt dans les flammes.

    Uter monta sur le trône et Merlin fut pour lui une sorte de conseiller, l'aidant par des enchantements à repousser les invasions ennemies.
    Mais Uter Pendragon devint brusquement triste et perdit tout courage.

    Pris d'un fol amour pour dame Ygerne, l'épouse du duc de Tintagel, il en avait perdu le sommeil.
    Pour l'aider, Merlin lui donna pendant quelques heures l'apparence du mari, et Ygerne put recevoir le roi sans le savoir.

    De cette rencontre décisive naquit Arthur, le célèbre roi de la Table Ronde.

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