• Les Templiers

    Les Templiers
    © templiers
     

    L'ordre religieux et militaire du Temple de Jérusalem marqua l'histoire de l'Europe et de l'Orient au XII° et XIII° siècle. Cependant, si son ascension fut spectaculaire, sa chute fut brutale et tragique. Les héros des croisades, à la fois moines et soldats, agriculteurs et architectes, banquiers et diplomates furent écrasés comme hérétiques et criminels ;
    Est-ce leur puissance orgueilleuse ou leurs secrets qu'ils préservaient qui causa leur perte ?

     

     

    La naissance de l'ordre du Temple:

    Après la fondation du royaume chrétien de Jérusalem par Godefroy de Bouillon et ses croisés, 9 chevaliers français décidèrent de s'installer, en 1118, en terre sainte dans le but de créer un ordre à la fois monastique et militaire. Devant le patriarche chrétien de Jérusalem, les neufs firent vœux de chasteté, pauvreté et obéissance. Voila qui fit d'eux des religieux bien qu'ils n'en avaient pas l'habit. Étant des soldats, ils s'occupèrent de la sécurité des routes menant à Jérusalem.
    L'ordre s'agrandit rapidement et, parmi les 9 fondateurs, Hugues de Payns fut élu chef.
    Dix années après la fondation, on pouvait déjà compter 300 chevaliers du Temple commandant une milice de trois mille hommes.

    Il faut noter que parmi eux il n'était pas rare de trouver des excommuniés désireux de se réhabiliter ou de se faire oublier.

    Vivant exclusivement de dons, on leur donna le nom de "pauvres chevaliers du Christ".
    Ce furent les Cisterciens qui guidèrent les premiers pas de l'ordre du Temple et notamment le soutien accordé par leur chef saint Bernard que l'on surnommait " l'arbitre des rois et des papes ", tant son influence était grande. Il permit à l'ordre du Temple d'obtenir la reconnaissance officielle par le pape Honorius II. La tenue des chevaliers devient alors un blanc manteau frappé d'une croix rouge sur le cœur.

     

    Les Templiers
    © Steinbach




    La règle des Templiers:

     Il existe de nos jours encore 3 exemplaires de la règle des Templiers dans lesquels   l'organisation hiérarchique y est décrite en détail.
     
    La confrérie était très fermée et seules  les personnes nobles de naissance pouvaient accéder au pouvoir.
    Tous les membres de l'ordre étaient liés à la règle, à leur tête se trouvait le Grand  Maître siégeant à Jérusalem.
    Le Grand Maître ne possédait cependant pas les pleins pouvoirs et les décisions étaient prises avec le chapitre (l'assemblée).
    En dessous du  grand maître il y avait le sénéchal, l'assistant du Grand Maître, le maréchal, le chef de  guerre, le commandeur, le trésorier de la communauté.

    Les Templiers épée
    © Non nobis Domine non nobis sed Nomini Tuo da gloriam



    La règle était souple sur certains points. Dans certains cas, il était possible aux  hommes mariés de faire parti de l'ordre et il était même déconseillé de pratiquer  l'abstinence absolue qui eût rendu les chevaliers inaptes au combat.
    Mais la règle assurait à l'ordre de nombreux privilèges : en effet, il était exempt d'impôt  mais pouvait en percevoir. Il pouvait rendre sa propre justice dans ses possessions tout  en possédant l'immunité judiciaire. Il possédait son propre clergé et les évêques  n'avaient aucune autorité sur eux.

    Seul le pape a une autorité supérieure au Grand  Maître.
    Voilà les dispositions exceptionnelles qui permirent aux Templiers d'acquérir une  formidable puissance en Orient, puissance qui s'étendit ensuite à l'Europe.


    La concurrence:

    Les "Hospitaliers", qui existent toujours de nos jours sous le nom de l'Ordre de Malte.
    Créé en 1100, l'ordre se consacra dans ses débuts à soigner les pèlerins malades.
    Mais, tout comme les Templiers, les Hospitaliers se dotèrent d'une armée.
    Au combat, les chevaliers Templiers en manteau blanc à croix rouge combattaient aux cotés des chevaliers Hospitaliers en manteau noir à croix blanche. Mais il n'était pas rare de voir les deux ordres se concurrencer à qui prendrait le premier une ville, soit pour l'honneur, soit pour le butin.
    Le second ordre entrant aussi en concurrence était celui des chevaliers Teutoniques. Ordre fondé en 1190 et qui était composé exclusivement d'allemands habillés en manteau blanc frappé d'une croix noire.

     

    Les Templiers
    © image


    Leur richesse:

    Dès sa fondation, l'ordre du Temple avait bénéficié de nombreuses donations : il y eut d'abord celles des nobles qui, ayant revêtu le blanc manteau et fait vœu de pauvreté, lui apportèrent tout ou partie de leurs biens. Puis ce sont les princes et les rois qui lui offrirent des fiefs ou d'importantes sommes d'argents en récompense de ses services.
    Ainsi, régulièrement les Templiers se voyaient octroyer d'imposantes richesses comme des châteaux, des trésors, des villes et même des royaumes entiers.
    Tous les plus grands nobles, allant jusqu'aux rois d'Angleterre et de France, donnaient aux Templiers.
    Les Templiers savaient très bien gérer leurs richesses et les administrateurs de l'ordre faisaient fructifier leurs biens.

    Le trésor des Templiers
    © Le Trésor des Templiers



     
    Le sceau des Templiers:

    En effet, on peut dire que les Templiers ont inventé le métier de banquier et avaient créé, en plein Moyen Âge, un système bancaire perfectionné où il était possible de réaliser la plupart des opérations modernes: ouverture de compte, avances, cautions, consignations, transfert internationaux de fonds …

    Leurs principaux clients étaient des riches marchants qui commerçaient avec l'Asie.
    Puis, ceux que l'on nommait les "pauvres chevaliers du Christ" se verront confier par les rois de France et d'Angleterre la garde et l'administration du trésor public, par les papes la gestion du denier de saint Pierre et celle des fonds destinés à financer les croisades.

    On estime que les revenus annuels moyens des Templiers s'élevaient au XIII° siècle à 112 millions de livres, c'est-à-dire à peu près 15 milliards d'euros actuels.
    On disait qu'ils pratiquaient l'alchimie et qu'ils avaient trouvés la pierre philosophale permettant de fabriquer de l'or. On est presque sûr, de nos jours, que les Templiers pratiquaient l'alchimie, art que l'on disait à la fois science et magie.

    Le sceau des Templiers
    © histoire




    La chute:

    La perte de Jérusalem inaugura le lent déclin de l'entreprise chrétienne en Orient, malgré les rares victoires comme la prise de Saint Jean d'Acre en 1191.
    En 1229 les croisés réussirent à convaincre le sultan de leur rendre la ville sainte pour dix ans.
    Mais en 1244 les turcs chassèrent les occupants de Jérusalem après l'avoir dévasté.

    Dans les années qui suivirent, les chrétiens perdirent petit à petit leurs possessions et en 1291, soit un siècle après sa prise, le sultan égyptien les chassa de la ville de Saint Jean d'Acre.
    L'épopée militaire des Templiers s'acheva ici.
    Le grand maître élut domicile dans le Temple de Paris qui devint le chef-lieu de l'ordre.
    Le 13 octobre 1307 à l'aube, les baillis et sénéchaux du roi de France, Philippe IV, ouvrent les lettres closes que le Conseil royal leur a fait parvenir quelques jours avant et qui leur donnent l'ordre d'arrêter tous les Templiers vivant dans le royaume.

    Malgré les protestations, de moins en moins convaincues, du pape Clément V, qui voudrait se saisir de l'affaire, les agents du roi, menés par Guillaume de Nogaret, obtiennent par la torture les aveux qu'ils souhaitent obtenir : corruption de l'ordre, hérésie, reniement du Christ...
    Il faut déconsidérer le Temple pour forcer le pape à le dissoudre.

    En 1310, le roi fit brûler vifs 54 Templiers comme relaps et 36 autres moururent sous la torture.
    Le pape, cédant à ces pressions, prononça la dissolution de l'ordre le 3 avril 1312.
    Les biens de l'ordre sont dévolus aux Hospitaliers, partout en Europe, sauf en Espagne, où un nouvel ordre est créé pour recueillir l'héritage.
    Le 18 mars 1314, le maître du Temple Jacques de Molay et l'un de ses compagnons montent sur le bûcher à Paris.

    Il semble qu'il faille lier la disparition des Templiers à la politique anti-pontificale de Philippe le Bel.
    Les accusations portées contre l'ordre ne tiennent pas. Mais il était impopulaire, à cause de sa richesse ; on lui reprochait l'échec de la croisade, ce qui est bien exagéré.

    Les Hospitaliers, grâce à leurs activités charitables, échappaient en partie à ces reproches. Aussi était-il tentant de profiter de cette impopularité pour charger le Temple et se présenter en défenseur intraitable de la foi face à un pape hésitant.
    Une autre raison peut expliquer le drame : l'orgueil du Temple était connu ; son indépendance à l'égard de la royauté de Jérusalem aussi.

    La chute des Templiers
    © templiers




    La malédiction des Templiers:

    Un historien italien contemporain affirme que Jacques de Molay, le dernier grand maître de l'ordre, dit sur son bûcher:
    "Clément et toi, Philippe, traîtres à la foi donnée, je vous assigne tous deux au tribunal de Dieu ! Toi, Clément, à quarante jours, et toi, Philippe, dans l'année."

    Quoi qu'il en soit, le pape Clément V mourut de maladie un mois plus tard, le 20 avril 1314 à l'âge de 49 ans, et le roi Philippe le Bel périt victime d'un accident de chasse la même année, le 29 novembre, à Fontainebleau, à l'âge de 46 ans.
     Jacques de Molay dernier grand maître des Templiers.

    Les Templiers
    © inmysteriam

     

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